
Association de bienfaiteurs
L’impatience était palpable : celle de renouer avec la magie du ruban et d’oser l’alliance de deux technologies a priori opposées — le ruban large et le diaphragme micrométrique — au sein d’un nouveau combo de ma propre composition.
Au cœur de ce dispositif trône un Royer R-10. Ce qui particulier chez lui, c’est son hétérogénéité assumée : par conception, sa réponse fréquentielle n’est pas la même selon que le son arrive par sa face avant (ornée de la plaque de marque) ou par sa face arrière. Cette dissymétrie lui confère une couleur sonore changeante, une dualité de caractère que je trouve intéressante à explorer. Loin de chercher la neutralité absolue, jouer de cette différence de texture pour enrichir la spatialité et la complexité de la capture.

Je perçois ici un potentiel créatif judicieux : utiliser la dualité naturelle du ruban comme un outil de sculpteur sonore. En orientant stratégiquement ses faces avant et arrière, on peut épouser la nature même des sources. Imaginez placer la face la plus chaude sur les graves profonds d’une basse ou d’un baryton, tandis que la face plus aérienne capture la clarté d’un mezzo ou d’un soprano.
De même, sur une guitare acoustique, cette asymétrie permet de distinguer avec élégance la résonance boisée de l’ouïe de la netteté cristalline des cordes, des glissements de doigts ou de l’attaque du médiator.
Pour exploiter cette richesse, j’utiliserai ce couple en configuration M/S avec un angle de prise très réduit, environ ±30 degrés. Cette capture coïncidente permet ensuite de déployer et repositionner l'objet sonore dans l’espace stéréophonique global, offrant un contrôle après-coup . C’est une approche qui transforme une contrainte technique en une palette de rendus sonores selon le type de micro central additionnel.