Information préalable

Pour entrer dans cet univers, il n'est pas nécessaire de maîtriser d'abord la physique complexe des pressions acoustiques ou les courbes techniques des microphones. Laissez ces concepts de côté un instant; mon espace de rencontre ne cherche pas à cataloguer toutes les possibilités techniques existantes, mais à partager un chemin personnel.

Si j'ai étudié certains ouvrages réputés c'est précisément pour mieux m'en affranchir lorsque mon intuition me guide ailleurs.
Mes expérimentations sonores reposent avant tout sur les microphones de type omnidirectionnels, un héritage industriel que je réinvente, enrichi de microphones directionnels utilisés de manière parfois inhabituelle pour corréler ou, au contraire, créer de l'espace entre les sons.
J'aime détourner des matériaux et des accessoires de leur fonction première, leur offrant une application alternative au service de l'écoute.
Mon souhait est que cette démarche éveille votre propre curiosité et vous inspire à expérimenter à votre tour. Car dans le son, tout est matière à transmission avec le plaisir de faire circuler une pratique née d'une passion commune.
Le minimalisme en deux à six pistes 
C’est d'ailleurs en complément de mon parcours industriel que la réflexion sur notre perception du son m’a poussé à explorer des territoires sonores singuliers, à travers des configurations microphoniques que je vous invite à découvrir.

Pour privilégier la mobilité et la légèreté, je me concentre sur l’essentiel : des paires de microphones plus ou moins coïncidents, la capture binaurale, et une extension personnelle de cette dernière que j’ai nommée "quadaurale".
Son principe repose sur l' ajout d' une paire frontale d'appoint agissant sur  la perception de l’espace d'intérêt frontal.

Dans le cas particulier de la capture en format ambisonique, il existe deux techniques microphoniques déterminant la nature des signaux enregistrés;
- le format-A présenté ci-dessous, le plus couramment pratiqué par les professionnels 
- le format-B, mis en œuvre avec mon ancien vaisseau amiral
dont j'ignore s'il en existe depuis une version industrialisée  

Rendez-vous dans le blog pour les captations sonores correspondantes, ou je présente les étapes et mes choix lors de la fabrication de mon matériel.

BINAURAL

Imaginez capturer l’espace sonore exactement comme votre corps le perçoit : c’est l’essence de la prise de son binaurale. En plaçant deux microphones à l’emplacement précis de vos oreilles, sur une structure imitant une tête et un torse, on obtient une empreinte sonore fidèle qui, une fois écoutée au casque, trompe votre cerveau pour lui faire revivre l’instant présent avec un réalisme saisissant. Cette écoute ne se contente pas d’être immersive ; elle active une interprétation neuronale profonde, héritée de notre évolution, rendant l’expérience à la fois cognitive et physiquement ressentie. Bien que l'acoustique du lieu d’enregistrement influence le résultat, l’illusion reste puissante. Si le sujet fascine tant scientifiques qu’ingénieurs du son, générant une littérature technique riche, il invite surtout chacun à redécouvrir comment nous habitons le monde par l’oreille. 

Mannequin de mesure industriel HMS V Head Acoustics dans une version anthropomorphique. Différentes versions sont déclinées selon leur destination d'usage. Il sera mon mentor et mon inspiration pour la réalisation du mien.

MID-SIDE

La configuration technique "MS" est un couplage entre deux microphones : l’un capture le son direct face à lui, tandis que l’autre, grâce à une directivité essentiellement latérale, en saisit les espaces indirects. Cette alliance permet de sculpter, après l’enregistrement, la largeur de la scène sonore à votre guise, comme on règle un objectif. Grâce à la coïncidence parfaite des capsules, les signaux restent corrélés, évitant ces interférences fréquentielles qui appauvrissent parfois l’écoute. L’intérêt majeur ? Vous gardez le contrôle total : privilégiez un cône frontal précis avec un micro central cardioïde, ou ouvrez grand les portes de l’espace en intégrant les ambiances arrière et les graves profonds grâce à un micro omnidirectionnel.
C’est une approche souple qui vous offre la possibilité d'ajuster, lors du mixage, combien d'espace latéral  ou arrière vous souhaitez révéler, adaptant l’écoute à votre intention artistique plutôt qu’à une contrainte technique figée. 

Un exemple de kit microphonique coïncident MS Schoeps avec les symboles identifiant la capsule cardioïde du canal central "mid" et la capsule figure 8 du canal latéral "side".

Notez le point rouge pour la référence latérale de positionnement selon le niveau de plan sonore visé.

AMBISONIC

La capture ambisonique est sans doute l’approche la plus abstraite pour saisir l’onde sonore, car elle ne cherche pas à imiter ni à reproduire une oreille, mais à capturer la physique même de la propagation du son. Imaginez une sphère d’énergie sonore qui se dilate et se contracte autour d’un point : c’est exactement ce que mesure un transducteur équipé de quatre capsules disposées en tétraèdre. Les signaux bruts, dits "format A", ne sont pas directement exploitables par mixage traditionnel. Ils doivent être traduits en "format B" (les canaux W, X, Y, Z) pour révéler leur sens : le canal W porte l’énergie pure, indépendante de la direction, tandis que X, Y et Z dessinent les vecteurs de l’espace (avant/arrière, gauche/droite, haut/bas). C’est une cartographie mathématique de l’espace sonore présent au point de placement du dispositif.

Par le biais d'un traitement logiciel, cette sphère d’information peut ensuite se déplier dans n’importe quelle configuration d’écoute, de la simple monophonie jusqu’à l’immersion totale du 5.1, chère aux cinéphiles et aux audiophiles. C’est probablement ce qui se fait de plus réaliste pour une écoute "extra crânienne", une plongée spatiale si dense qu’on risque parfois de s’y perdre, tant la richesse du réel y est contenue.

Logiciel de traitement de pistes ambisoniques
Un exemple de tête microphonique - format A - Ambeo VR Sennheiser très compacte et de très belle facture

Mon exemple de tête microphonique -format B- natif et de belle facture, à découvrir dans le blog
METROLOGIE
Pour sonder les aspects fréquentiels de mes dispositifs, j’ai choisi le test par séquence de bruit MLS, une méthode qui allie simplicité et une précision temporelle chirurgicale. Cette finesse est cruciale pour disséquer les phénomènes subtils qui façonnent l’écoute binaurale. J’ai ainsi passé au crible chaque configuration de mon site avec cet outil, même si son créateur ne le maintient plus pour les systèmes récents. Il vit pourtant une seconde jeunesse sur mon fidèle PC sous Windows XP, une bulle de stabilité déconnectée du monde, preuve qu’une technologie maîtrisée vaut tous les mises à jour.

Les captures d’écran révèlent cette précision : face à une impulsion étalonnée, les fronts d’onde se dévoilent un à un. On distingue nettement l’onde directe, suivie par sa réflexion au sol, comme des vagues successives sur une plage. Cette clarté temporelle permet d’isoler le premier passage du son à travers la tête, pur de toute réflexion parasite. C’est comme si nous mesurions en champ libre, dans le silence absolu d’une chambre sourde, capturant l’essence du dispositif avant que l’espace ne vienne le colorer.
Salve acoustique MLS

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Un peu de matériel

Valise pour mes prises de son en stationnaire ou en mobilité;
- préamplificateur 4 pistes RME
- magnéto numérique 6 pistes TASCAM
- batterie Li-Ion et chargeur
- trépied, mât
- claie de portage à dos avec valisette pour un magnéto stéréo KORG

Making off 

Eglise anglicane Saint-Swithun Aix-les-Bains
Extraits vidéo dans les samples
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